Interview : Abdelatif Benazzi

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-    Présentez-vous-en quelques mots :

Je suis Abdelatif Benazzi, je suis né en 1968, et je suis un ancien joueur professionnel de rugby et ancien capitaine de l’équipe de France.


-    Pouvez-vous nous parler de votre carrière internationale avec le XV de France ?

L’équipe de France a été un des moments les plus importants de ma vie. Bien sûr, tout joueur professionnel souhaiterait arriver à ce niveau. On a le privilège de représenter à peu près, 300 000 licenciés, mais le petit plus, c’est d’y rester ! On mesure son niveau par rapport aux autres équipes, aux meilleurs joueurs mondiaux et on rentre dans un système de compétition, on a envie d’être le meilleur à son poste et de gagner des titres.
Ce sont des souvenirs sportifs, des aventures humaines exceptionnelles, qui sont marquées par des titres qui soudent une équipe, notamment le Grand Chelem de 1998 ! Une fois que vous gagnez des titres avec l’équipe de France, vous n’avez pas envie de redescendre en dessous, vous gardez toujours des objectifs très élevés.
Il peut y avoir des hauts et des bas, mais encore une fois, ce sont de belles aventures ! J’ai eu la chance de faire trois Coupe du Monde : celle de 1995 qui a marqué ma vie puisqu’on m’a refusé un essai en demi-finale ! C’était assez traumatisant sur le coup, puis après on ne garde que le positif et notamment la présence de Mandela ! Puis, en 1999, on se rappelle bien sûr la victoire contre les All-Blacks en demi-finale ! Et quand tu arrêtes, on laisse le ballon et on garde les copains.


-    Une petite anecdote sur ces années en équipe de France ?

Oui j’ai un souvenir qui date de notre Grand Chelem de 1997 ! Je sortais d’un match avec une belle victoire contre les Anglais à Twickenham. J’avais une côte cassée, mais je me suis mis d’accord avec les médecins pour qu’ils ne disent pas que j’étais blessé... C’était une finale tout de même ! Le Jour-J, nous avons trouvé un moyen d’époque pour que je puisse jouer : une infiltration et un morceau de pneu pour protéger les côtes…
Cela a tenu 40 minutes et après la douleur s’est réveillée, je ne pouvais plus respirer. Le match était bien engagé. Lors de mon essai, le public a scandé mon nom ! Ça m’a transcendé et je n’ai plus senti la douleur jusqu’à la fin du match, ce qui n’étais plus le cas les jours suivants. En tout cas, pour finir le match et la troisième mi-temps, je n’avais plus mal !


-    Êtes-vous toujours actif dans le monde du rugby ?

J’ai été manager à Montpellier il y a quelques années et j’ai toujours eu une très forte relation avec le club amateur de mon enfance, l’Union Sportive d’Oujda (Maroc), où j’ai une petite académie. Je réponds quelquefois à des sollicitations de club pour leur venir en aide sur la structure du club et j’ai animé quelques conférences sur le management dans les écoles et universités.


⁃    Vous êtes devenu le parrain du jumelage entre le SCO Rugby Angers et l’Union Sportive d’Oujda Rugby en septembre 2021, pourquoi avez-vous accepté cela ?

Ce qui me motive surtout dans le rugby c’est le partage d’expérience et de culture. Je sors d’un club que je n’ai jamais oublié (Union Sportive Oujda Rugby), un club formateur qui m’a tout donné ! C’est aussi ce que j’ai connu en France, notamment avec votre club centenaire. Ce sont toutes ces valeurs et cet esprit familial qui font que cet échange entre les deux clubs est utile. C’est aussi un échange d’expérience et de formation pour nos jeunes ! Je crois que le rugby, au-delà de cet aspect professionnel, a cet aspect sociétal et ce rôle de citoyenneté. C’est notre rôle quand on a été en équipe de France. Et il faut savoir transmettre ces valeurs.

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